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Conserver l’efficacité des antibiotiques est primordial pour la santé des humains et des animaux. À partir du suivi sur le long terme des usages des antibiotiques et de l’antibiorésistance chez les animaux en France, l’Anses a mené deux projets de recherche sur des antibiotiques à forts enjeux en santé humaine et animale, financés par le plan Ecoantibio. Les résultats montrent que réduire l’usage de ces antibiotiques a permis de diminuer sensiblement l’antibiorésistance des bactéries Escherichia coli en un à deux ans.

L’utilisation d’antibiotiques sélectionne les bactéries pourvues de gènes de résistance à ces médicaments. La diminution de l’utilisation de ces médicaments permet-elle de réduire la résistance des bactéries ? En d’autres termes, dans quelle mesure l’antibiorésistance est-elle réversible ? « La réponse à cette question n’est pas si évidente, explique Lucie Collineau, chargée de recherche dans l’unité Épidémiologie et appui à la surveillance du Laboratoire de Lyon de l’Anses. La résistance des bactéries aux antibiotiques dépend de nombreux facteurs. On peut notamment avoir des cas de multi-résistance, où l’utilisation d’un antibiotique co-sélectionne la résistance à un autre antibiotique. Réduire l’antibiorésistance n’était donc pas gagné, et surtout on ne savait pas en combien de temps il serait possible de la diminuer. »

Les scientifiques de l’Anses ont mené deux projets de recherche sur la question. L’un portait sur la résistance des Escherichia coli aux fluoroquinolones et aux céphalosporines de troisième et quatrième générations chez les veaux, les chiens et les chats. L’autre, sur la résistance des E. coli à la colistine chez les veaux et les porcs. Les deux études ont été financées dans le cadre du plan Ecoantibio. Elles ont montré que les proportions de bactéries résistantes diminuent très fortement un à deux ans seulement après la réduction de l’utilisation d’antibiotiques.

L’antibiorésistance, un péril pour la santé animale et humaine

Les antibiotiques étudiés ont été choisis pour leur importance pour la santé humaine et animale. Les fluoroquinolones et les céphalosporines sont des antibiotiques d’importance critique, c’est-à-dire qu’ils sont utilisés en dernier recours pour soigner des maladies graves chez l’être humain et l’animal. Leur utilisation en médecine vétérinaire est strictement encadrée. Les scientifiques ont choisi de s’intéresser plus particulièrement aux bactéries E. coli portées par les veaux, les chiens et les chats car aucune étude n’avait encore été menée sur l’impact de la diminution de l’usage de ces antibiotiques chez ces espèces.

Quant à la colistine, même si elle n’est pas classée comme antibiotique d’importance critique en France, elle est utilisée en dernier recours contre les bactéries multirésistantes en médecine humaine. La découverte de bactéries résistantes à cet antibiotique a conduit à recommander en 2016 de réduire son utilisation pour les animaux d’élevage. L’étude a porté sur les veaux et les porcs, la résistance des Escherichia coli étant plus élevée chez ces animaux.

SOURCE : ANSES.FR
Antibiotiques chez les animaux : diminuer leur utilisation réduit rapidement et durablement la résistance des bactéries | ANSES.FR