Temps de lecture de l’article complet : 15 min

Près de 478 000 salariés, 22 917 entreprises et 246,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires : l’industrie agroalimentaire française conserve un poids économique considérable. Mais ces chiffres globaux masquent des réalités très différentes selon les filières. Les produits laitiers affichent le chiffre d’affaires sectoriel le plus élevé, les boissons se distinguent par leur taux de valeur ajoutée, tandis que les fruits et légumes transformés présentent l’un des taux d’investissement les plus importants. Dans le même temps, les entreprises agroalimentaires doivent composer avec des difficultés de recrutement, un excédent commercial qui s’amenuise et des besoins croissants d’innovation.

Le Panorama des industries agroalimentaires, édition 2026, publié par le ministère de l’Agriculture, permet de dépasser les constats généraux pour examiner les rapports de force entre filières. Les données économiques portent principalement sur 2023, les échanges internationaux sur 2024 et les indicateurs d’innovation sur la période 2020-2022. Leur lecture met en évidence une industrie dont les performances, les capacités d’investissement et les priorités stratégiques varient fortement d’un secteur à l’autre.

Une industrie forte, mais des performances très contrastées

En 2023, les industries agroalimentaires françaises, fabrication de boissons comprise, comptaient 22 917 entreprises et employaient 477 709 salariés en équivalent temps plein. Elles ont généré 246,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 47,3 milliards d’euros de valeur ajoutée. Ces données concernent les entreprises des IAA et doivent être distinguées de celles de l’artisanat commercial et du commerce de gros, également présentées dans le panorama.

À l’échelle de l’industrie manufacturière, les IAA représentent 15% de la valeur ajoutée en 2023, auxquels s’ajoutent 3% pour l’artisanat commercial dans le périmètre retenu par le ministère. Le secteur alimentaire occupe donc une place majeure dans l’appareil productif français. Pour autant, le chiffre d’affaires ne suffit pas à mesurer la solidité économique d’une filière. La valeur ajoutée, qui correspond à la valeur de la production diminuée des consommations intermédiaires, permet de mieux apprécier la richesse créée par l’activité. En 2023, le taux de valeur ajoutée des IAA s’établissait à 19%, contre 24% pour l’ensemble de l’industrie manufacturière. Derrière cette moyenne, les écarts entre secteurs sont particulièrement marqués.

SOURCE : AGRO-MÉDIA.FR
Panorama de l’industrie agroalimentaire française : Derrière les 246 milliards d’euros de chiffre d’affaires, des secteurs à deux vitesses | AGRO-MÉDIA.FR