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Dans une tribune au « Monde », un collectif de 40 chefs et professionnels de la restauration rassemblé à l’initiative de l’association Pollinis* s’inquiète de l’accord européen visant à déréguler les OGM issus des nouvelles techniques génomiques.
Début décembre 2025, le Parlement, la commission et le Conseil européens sont tombés d’accord pour le développement des plantes issues de nouvelles techniques génomiques (NGT pour new genomic techniques).
Qualifiées de « nouveaux OGM » par leurs détracteurs, ces NGT permettent de modifier le génome d’une plante, mais sans introduire d’ADN étranger, contrairement aux organismes génétiquement modifiés (OGM) de première génération.
Les grands syndicats agricoles soutiennent ces techniques pour développer des variétés plus résistantes aux aléas climatiques et moins gourmandes en engrais.
Selon l’accord, la présence de NGT de catégorie 1 devra figurer sur les sacs de semences achetés par les agriculteurs, mais pas sur l’étiquetage du produit final.
Le collectif déplore : « Sans étiquetage, nous ne pourrons plus identifier si un ingrédient est génétiquement modifié. Dès lors, comment garantir à nos clients une cuisine exempte d’OGM ? Il est important de rappeler que les semences obtenues par ces nouvelles techniques génomiques restent bien des organismes génétiquement modifiés, quand bien même ils ne sont pas « transgéniques ». Les effets à long terme sur l’environnement n’ont pas fait l’objet d’études indépendantes suffisantes pour justifier une telle précipitation. »
De même, l’interdiction théorique des NGT dans l’agriculture biologique ne suffit pas à les rassurer. Arguant qu’en plein champ, il n’y a pas de frontière. Et qu’en l’absence de de traçabilité stricte, comment garantir l’absence de contamination d’une parcelle bio par le vent ou le pollen ?
Le texte final doit être voté au premier semestre 2026, et le collectif demande aux eurodéputés de s’opposer à cette dérèglementation. Et de conclure : « Il est encore temps pour l’Europe de rester le garant d’une alimentation de qualité, respectueuse de celles et de ceux qui la produisent, de celles et de ceux qui la cuisinent et de celles et de ceux qui la dégustent. Nous avons le droit de choisir librement ce que nous mangeons. »
SOURCE : LHOTELLERIE-RESTAURATION
Nouveaux OGM : Un collectif de 40 chefs alerte sur leur dérégulation | LHOTELLERIE-RESTAURATION